Une note de confiance en croissance… Pour combien de temps ?Une note de confiance en croissance… Pour combien de temps ?http://chad.ca/fr/membres/publications/edito-de-la-chad/19-09-2016/32/une-note-de-confiance-en-croissance-pour-combien-de-tempsUne note de confiance en croissance… Pour combien de temps ?

​​​​​​​Par Maya Raic, présidente-directrice générale - Vous éprouvez de la fierté à être un expert en sinistre, un courtier, un agent en assurance de dommages ? Vous aimez aider les gens ? Les conseiller ? Les accompagner ? Vous souhaitez que les assurés aient confiance dans l’industrie ? En vous ? En votre travail ?

Chaque année, Léger publie le Baromètre des professions qui, comme son nom l’indique, évalue la confiance des Québécois à l’égard des diverses professions. Heureusement, les carrières en assurance de dommages grimpent dans le palmarès année après année, mais du travail reste à faire. En 2012, Léger, pour le compte de la ChAD, avait sondé les consommateurs pour connaître la note de confiance qu’ils accordaient aux professionnels de notre industrie. Le résultat avait été de 6,5 sur 10. L’industrie m’avait alors fait part de ses préoccupations : atteindre tout juste la note de passage ne devrait pas être acceptable. En 2016, Léger a réitéré l’exercice et cette fois, le résultat s’élève à 7 sur 10.

Qu’est-ce qui justifie cette croissance du taux de confiance et comment l’encourager ? J’ai une réponse à proposer : le professionnalisme.

Grâce à un encadrement rigoureux de la profession et à une approche préventive en déontologie, la relation de confiance entre les assurés et les agents, courtiers et experts en sinistre saura se développer, puisque ces derniers appliqueront les plus hauts standards en matière de professionnalisme, de déontologie, d’honnêteté et d’indépendance.


Certification et encadrement : les avantages

Assurer la protection du public, éviter que des personnes non compétentes oeuvrent dans l’industrie, permettre une uniformité des pratiques et renforcer la confiance des consommateurs : voilà les principaux avantages que procurent la certification et l’encadrement professionnel, selon les membres de la ChAD1.

J’ajouterais que l’encadrement préventif fourni par la ChAD offre en outre une série d’avantages aux professionnels, en leur donnant accès à : 

  • Des personnes certifiées et spécialisées qui sont en mesure de leur donner des conseils en matière de conformité (1 800 361-7288 ou info@chad.qc.ca). 
  • Des outils pratiques et utiles au quotidien (procédures, politiques, lettres types) consultés en moyenne 1 700 fois par mois et portant sur 27 thèmes (gestion des comptes séparés, tenue des dossiersclients, fin de mandat et autres). 
  • Des centaines d’articles d’information sur les enjeux de l’heure, la conformité, la jurisprudence et les spécialités liées à l’assurance de dommages, publiés gratuitement sur plusieurs plateformes (bulletin électronique ChADExpress, magazine trimestriel La ChADPresse, au quotidien à chad.ca, ainsi que sur LinkedIn et Twitter @chad_qc). 
  • Plus d’une cinquantaine d’articles à partager auprès des assurés. 
  • Un processus d’inspection permettant de soulever, de façon préventive, les lacunes à corriger (pour les cabinets de courtage et d’expertise en règlement de sinistres de 24 représentants et moins). 
  • 20 heures de formation continue obligatoire tous les deux ans. 
  • Un code de déontologie universel (un pour les agents et les courtiers, un pour les experts en sinistre). 
  • Des initiatives visant à sensibiliser les consommateurs à l’importance du professionnalisme des agents, des courtiers et des experts en sinistre et, par conséquent, à accroître la note de confiance.


Un résultat unanime en faveur du maintien du système professionnel actuel

Sondage auprès des agents, des courtiers et des experts en sinistre.

Pour exercer votre profession

Devrait-on exiger un certificat ?
Oui : 89 %

Est-ce important d’être tenu de respecter un code de déontologie ?
Oui : 99 %​

Est-ce important d’avoir l’obligation de suivre de la formation continue ?
Oui : 92 %

Est-ce important qu’il y ait un processus disciplinaire en cas de faute déontologique ?
Oui : 96 %

Pour connaître les résultats dét​aillés par catégorie de membres.


Qu'est ce que la « déprofessionnalisation » ?

Il n’y a pas de doute, le professionnalisme est important pour tous les agents, courtiers et experts en sinistre. Même un an après le dépôt du Rapport sur l’application de la Loi sur la distribution de produits et services financiers par le ministère des Finances, des milliers de certifiés ignorent que leur profession peut être grandement affectée. Je pense notamment à la « déprofessionnalisation ». Qu’en est-il ?

Le ministère des Finances semble qualifier le système professionnel actuel de « problème », jugeant l’encadrement déontologique inutile et superflu. Il laisse entendre que les agents en assurance de dommages et les experts en sinistre pourraient être exemptés d’un tel encadrement. Ces derniers ne seraient donc plus soumis au code de déontologie universel à l’industrie et ne bénéficieraient plus des outils préventifs et des avantages qu’offre l’encadrement de la ChAD. Ceci porte à croire que le ministère des Finances préfère transférer la responsabilité actuelle des professionnels sur les épaules des consommateurs.

Malheureusement, le fait de priver certains représentants de leur responsabilité déontologique aurait un impact considérable sur la confiance des assurés envers toute l’industrie. En supprimant l’approche préventive, on risque de multiplier les recours devant les tribunaux plutôt que d’encourager les hauts standards de professionnalisme qui assurent la protection des consommateurs.

De plus, ce ne serait qu’une question de temps avant que les courtiers demandent le même traitement. « Déprofessionnaliser » les représentants constituerait un triste recul de 25 ans pour une industrie qui a su se prendre en charge en s’autoréglementant. D’ailleurs, d’autres provinces canadiennes veulent s’inspirer du modèle professionnel québécois pour repenser leur propre système. Alors, comme disent Option consommateurs et l’Union des consommateurs dans leur lettre ouverte adressée au ministre des Finances en juin dernier : « Pourquoi changer tout cela ? »

Restons vigilants alors que le ministère des Finances s’apprête cet automne à réviser les lois qui encadrent notre industrie !


1. Sondage express sur le professionnalisme réalisé par la ChAD avec Survey Monkey auprès de 2 267 répondants représentatifs des catégories de membres, septembre 2015.

19/09/2016 04:00:000x0100F39089C4394B43D29606F78A48696B44010101010301002F1286983752274A81A88C570384EFFD20/09/2016 20:38:16