Entrevue avec Maya Raic Entrevue avec Maya Raic http://chad.ca/fr/membres/publications/actualites/28-02-2013/43/entrevue-avec-maya-raic

Un organisme d’autoréglementation (OAR), tel que la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD), rencontre souvent des idées préconçues quant à son mandat.

Les consommateurs, qu’elle a pour mission de protéger, ne comprennent pas bien son rôle. Les professionnels qu’elle encadre ne perçoivent pas toujours les apports pour l’industrie de l’assurance de dommages que les activités de la ChAD produisent. Dans cette entrevue, Maya Raic, présidente-directrice générale de la ChAD, démystifie le rôle et les fonctions de la ChAD pour ses membres et pour le grand public.

 

ChADPresse : Certains professionnels de l’industrie peuvent avoir une perception négative de la ChAD, croyant qu’elle cherche uniquement à les prendre en défaut. Cette vision est-elle justifiée ?

Maya Raic, présidente-directrice générale de la ChAD : Pour le grand public, savoir qu’un organisme d’autoréglementation veille à l’encadrement des professionnels de l’assurance de dommages signifie qu’ils peuvent avoir confiance en leur représentant. Certes, on observe parfois certaines pratiques qui vont à l’encontre de la déontologie et qui peuvent ébranler la crédibilité de l’industrie. Or, le processus disciplinaire est précisément là pour veiller à ce que les professionnels se corrigent, restaurant ainsi la confiance du consommateur envers les membres.

 

ChADPresse : Comment réagissez-vous lorsqu’on vous affirme que les organismes d’autoréglementation ont abdiqué leurs responsabilités de guider et de favoriser la prévention ?

Maya Raic : Et pourtant ! Nous avons justement mis l’accent sur la prévention au moyen des inspections, qui nous permettent d’accompagner les professionnels et les cabinets, et des outils adaptés qui en résultent. Nous faisons aussi de la prévention grâce à la formation continue offerte aux membres et, finalement, nous participons activement aux consultations de l’Autorité, à qui nous faisons des recommandations, comme cela a été le cas par exemple dans le cadre de la consultation sur l’indemnisation des consommateurs de produits et services financiers.

 

ChADPresse : On entend parfois dire que les organismes d’autoréglementation sont déconnectés du marché. Comment recevez-vous cela ?

Maya Raic : Je rétorque que la ChAD est de tous les événements de l’industrie, auxquels elle prend une part très active, comme l’illustre notre collaboration à l’organisation de tables rondes dans le cadre de la prochaine Journée de l’assurance de dommages, et que nous sommes bien connus de nos membres qui apprécient nos formations.

Par ailleurs, nous sommes justement en train de mettre en place une vigie pour suivre l’évolution de l’industrie et pouvoir réagir rapidement. Nous avons toujours eu cette attitude. À preuve, nous n’avons pas attendu que l’Autorité des marchés financiers nous sollicite pour faire notre réflexion sur la distribution d’assurance par Internet et lui transmettre nos conclusions.

 

ChADPresse : Comment réagissez-vous aux critiques qui affirment que les organismes d’autoréglementation apportent peu de résultats à l’industrie ?

Maya Raic : Je pense qu’au contraire, les décisions prises par le comité de discipline constituent de véritables références pour l’industrie. Les jugements rendus par des professionnels de l’industrie de l’assurance de dommages, qui ont une connaissance approfondie des règles, déterminent ce que sont de bonnes pratiques et guident ainsi les membres dans leur pratique professionnelle.

 

ChADPresse : Certains allèguent que le système d’autoréglementation apporte peu de résultats au consommateur. Quelle est votre position à ce sujet ?

Maya Raic : Ce n’est pas le rôle du bureau du syndic de veiller à ce qu’un assuré en particulier soit indemnisé. Celui-ci doit plutôt s’adresser aux tribunaux de droit civil si un assureur refuse de payer. Par contre, le comité de discipline sanctionne les membres qui ont commis des fautes professionnelles et voit à ce qu’ils modifient leur pratique de manière à éviter que cela se reproduise. Voilà comment la ChAD protège le grand public.

28/02/2013 05:00:0026/08/2014 17:19:51